La commune de Saint-Josse doit emprunter pour payer les salaires de ses fonctionnaires

Lors du Conseil communal du lundi 1er septembre, le Collège avait mis à l’ordre du jour le vote d’un règlement général relatif aux taxes.

Vraisemblablement gêné par le point, le Bourgmestre Emir Kir (PS) a tenté de minimiser l’importance de celui-ci qu’il a qualifié de "récurrente".

Publié le vendredi 12 septembre 2014

Récurrente, vraiment ? Saint-Josse n’a jamais disposé d’un tel règlement général des taxes. Si certaines communes, comme Schaerbeek, en disposaient déjà, elles étaient pionnières car un tel règlement n’a été rendu obligatoire que par une ordonnance de la Région bruxelloise du 3 avril 2014... Ce dont le collège communal tennoodois devait être bien informé puisque l’un de ses échevins cumule ses fonctions et celles de député bruxellois.

Quoi qu’il en soit, ce n’est que le 1er septembre, soit près de 5 mois plus tard et en catastrophe que la majorité PS-cdH de Saint-Josse est sortie de sa torpeur et a copié, à la va-vite, le règlement de Saint-Gilles.

Et urgence il y avait. Dans une note du 22 juillet 2014, l’administration attire l’attention du Collège sur le fait qu’en raison, notamment, de l’enrôlement tardif des taxes, les caisses sont vides et des emprunts sont nécessaires pour faire face aux dépenses les plus élémentaires, tels le paiement des salaires des fonctionnaires qui, sinon, n’aurait pas pu être assuré pour le moins d’août. Et lorsqu’une entreprise ne peut plus payer les salaires, c’est qu’elle est en faillite. La situation a même été qualifiée d’"alarmante" par l’un des plus hauts fonctionnaires communaux.

D’après les dernières informations recueillies par ECOLO-GROEN Saint-Josse, deux avances de caisse ont déjà eu lieu et une troisième pourrait être nécessaire. Coût d’une seule de ces avances en termes d’intérêts : plus de 16 000 euros.

Depuis l’arrivée d’Emir Kir et de son équipe à la tête de la Commune en 2012, les Verts de Saint-Josse n’ont eu de cesse de dénoncer la gestion calamiteuse des affaires communales. Travaux réalisés sans permis et devant être démolis pour des coûts énormes, contrats de quartier dont les fonds n’ont pas été utilisés et retournent par centaines de milliers d’euros à la Région et, maintenant, trésorerie dans le rouge et emprunts devant être réalisés pour les dépenses les plus courantes.

En attendant, les habitants de la commune qui est la plus pauvre mais aussi la plus jeune de Belgique ne voient toujours pas venir les promesses faites lors de la campagne...

Voir aussi l’interview de Frederic Roekens à TV Brussel sur le même sujet : Roekens : ’Sint-Joost moet lening aangaan om ambtenaren te betalen’