La mise au pilori d’une prostituée, n’est pas digne d’une démocratie !

Le groupe ECOLO-GROEN a décidé de déposer une plainte auprès de la Ligue des Droits de l’Homme, du Centre pour l’Egalité des Chances, de la Commission de la vie privé et au ministre des pouvoirs locaux.

Publié le lundi 22 février 2016

Lors de la législature précédente, dans le cadre de la mise en œuvre du règlement de police prostitution de 2011, des certificats de conformité ont été accordés aux personnes s’adonnant à la prostitution dans les carrées.

Mais depuis octobre 2012, et l’arrivée de monsieur Kir au mayorat, jusqu’en septembre 2015, ce dernier a refusé de s’assurer du respect de ce règlement par les détenteurs de ce certificat de conformité (une personne par carrée, plage horaire de 12 h). Depuis quatre mois, il a changé d’avis et retire le certificat de conformité aux prostituées qui ne respecteraient pas les règles ou fait fermer provisoirement certaines carrées.

Si nous nous réjouissions qu’il ait enfin décidé d’agir, nous sommes scandalisés par la méthode utilisée pour annoncer à la population le retrait de ces certificats. Le Bourgmestre a fait apposer sur la façade des carrées concernées, des affiches rouges format A2. Sur celles-ci figurent les raisons de la sanction (ex : s’exposait en sous-vêtement derrière la vitrine), mais aussi le nom, la nationalité et la situation administrative (ex : irrégulière) de la personne sanctionnée.

En agissant ainsi, le Bourgmestre commet une faute politique, morale et légale :

  • Politique, car ce n’est pas en mettant sur la place publique les noms et origines des prostituées sanctionnées qu’on améliorera la cohabitation entre les prostituées et les habitants du quartier.
  • Morale, car les éléments qui s’y retrouvent nous semblent porter atteinte à la dignité de la personne, elles peuvent faciliter l’exploitation et la traite des êtres humains, car il suffira désormais à un « souteneur » de faire le tour du quartier pour disposer du nom des prostituées qui ont été expulsées de leur carrées.
  • Légale, car les informations sensibles dont dispose la commune ne peuvent être mises à la disposit ion du public, surtout lorsque celles-ci peuvent mettre ces personnes en danger.

C’est pourquoi, le Groupe ECOLO-GROEN a décidé de déposer plainte auprès de la Ligue des Droits de l’Homme, le Centre pour l’Egalité des Chances et la Commission de la protection de la vie privée et de demander au Ministre président, monsieur Vervoort, d’instruire un dossier afin de s’assurer de la légalité d’un tel affichage.

De plus le groupe ECOLO-GROEN souhaite réaffirmer sa position concernant la gestion de la prostitution dans le quartier Nord, mais également mettre en œuvre des politiques pour permettre aux habitants de pouvoir vivre paisiblement dans leur quartier.

Nous demandons :

  • La mise en œuvre du règlement de police prostitution 2011 de manière humaine. L’abrogation du règlement de police prostitution de 2015, contesté devant le conseil d’État, qui entraînera de nombreux frais d’avocat, avec un risque important de perdre.
  • De développer un projet social et médical à l’attention des prostituées du quartier, qui l e souhaitent, et les associations spécialisées.
  • Face au carrousel de voitures qui circulent dans le quartier en raisons des carrées, nous demandons la mise en place d’un plan de mobilité pour le quartier, et à court terme, d’inverser un tronçon de la rue Linné pour casser la ronde des voitures.
  • De lutter contre les nuisances engendrées par certains cafés, en imposant des heures de fermeture.
  • Pour lutter contre la spéculation immobilière, la commune doit créer une zone de préemption dans le quartier Nord.

Le Bourgmestre veut revenir à l’époque lointaine où l’on exposait au pilori les condamnés, car pour ECOLO-GROEN, ces méthodes sont indignes d’une démocratie, et ne s’inscrivent pas dans le politique progressiste et humaniste que nous voulons pour notre commune.