Sentiment d’insécurité à Saint-Josse : Les femmes absentes des statistiques. Mais heureusement pas des rues. (interpellation Pauline Warnotte)

Le sentiment de sécurité - ou plutôt d’insécurité - des femmes à Bruxelles est sur le devant de la scène depuis plusieurs années. Le documentaire bien connu « Femmes de la rue » de Sofie Peeters, paru en 2012 et illustrant les agressions verbales et physiques dont sont victimes de nombreuses femmes au quotidien a ravivé le débat relatif au harcèlement de rue qui, s’il ne rentre pas dans les chiffres de la criminalité, participe à ce sentiment d’insécurité.

Publié le lundi 29 juin 2015

Plus récemment, la revue scientifique Brussels Studies a publié le 1er juin 2015 un article relatif au déplacement des femmes et au sentiment d’insécurité à Bruxelles (http://www.brusselsstudies.be/media...). Cet article pointe ce sentiment d’insécurité en milieu urbain et conclut que celui-ci « résulte fondamentalement du rapport social inégal entre les genres, qui structure encore notre société ».

Cette problématique, qui touche directement à la qualité de vie des femmes, à leur autonomie et au partage de l’espace public est, hélas, absente des débats au sein de la commune de Saint-Josse. En effet, lors de la présentation du dernier diagnostic local de sécurité concernant l’année 2014, qui porte sur les chiffres de l’insécurité mais également sur le sentiment d’insécurité, l’on remarque qu’à aucun moment la question particulière des femmes dans l’espace public n’est abordée.

Or, ce sentiment d’insécurité nécessite une attention constante quant aux facteurs se trouvant à sa source et, sans doute, un travail portant sur le respect de l’autre et des principes élémentaires du vivre ensemble. Ainsi, la commune de Shaerbeek a-t-elle organisé, dans le cadre de la journée de la femme et de la journée contre les violences faites aux femmes des campagnes visant notamment à dire « Stop au machisme » afin de déconstruire les idées reçues sur la place de l’homme et de la femme, notamment dans l’espace public.

Mes questions sont dont les suivantes :

  • Comment le Collège explique-t-il l’absence de considération pour cette problématique au sein de la politique communale de prévention ?
  • Quelles actions le Collège compte-t-il entreprendre afin que cette problématique puisse enfin être abordée par le service de prévention ?
  • Quels sont les moyens à disposition du service de prévention pour faire face à la problématique du harcèlement de rue ? Des formations existent. Ont-elles été suivies par le personnel communal ? Si oui, quelles ont été les projets menés à la suite de ces formations ?
  • Sur les 37 agents de terrain que compte la commune, seuls 3, selon les chiffres avancés, sont des femmes. Quelles mesures le Collèges compte-t-il prendre afin d’encourager la présence de plus de femmes parmi ces équipes de prévention ?
  • Au-delà du sentiment d’insécurité ressenti par les femmes, l’ensemble de la question du partage de l’espace public à Saint-Josse, quel que soit le sexe, l’orientation sexuelle, l’origine ou la croyance est ici en jeu. Quelles actions visant à favoriser le vivre ensemble et le respect mutuel le Collège compte-t-il entreprendre au cours des prochains mois ?