Ci-dessous quelques nouvelles des travaux du Conseil communal de ce mercredi 31 janvier 2024 et un aperçu de l’apport de vos conseiller.e.s Ecolo-Groen. Bonne lecture !

Conseil de début d’année marqué clairement par l’absence de budget. Là où fin décembre, il y avait de la matière, ce conseil est marqué par un agenda très léger avec essentiellement des points d’information pour le conseil sans demande de prise de décision. 

Il est flagrant de noter que nous avions constaté la même tendance en début 2023, début 2022, début 2021… Tendance qui est évidemment imputable à l’absence récurrente de budget en début d’année, rendant toute prise de décision en dehors des affaires courantes impossible. 

Nous devons également constater le départ de Malika Mhadi qui pour des raisons qui lui appartiennent décide de rejoindre la liste du Bourgmestre. Nous sommes heureux de voir Malika revenir après une longue absence, regrettons son choix mais le respectons et lui souhaitons le meilleur pour la suite. 

Interpellations du groupe Ecolo-Groen :

1. Budget 2024 

Après le vote en décembre de douzièmes provisoires permettant à la commune de vivoter financièrement jusqu’en juin, Elodie Cornez interpelle le collège sur l’absence une fois de plus de budget pour l’année en cours alors que nous sommes en janvier. Cette situation, récurrente depuis le début de la mandature du Bourgmestre Kir en 2012, n’est pas sans poser de réelles difficultés pour la commune. 

Au risque de se répéter, pas de budget, pas de projet. 

En effet, le budget, c’est l’outil par excellence de la vision politique. Le document où transparaissent les choix concrets au-delà des déclarations de principe. L’outil qui permet de se projeter, c’est-à-dire de développer et mener à bien des projets utiles à la population.

Or, sans budget, une commune vit avec le douzième du budget de l’année précédente par mois et ne peut rien engager à part ce montant. Une fois les fonctionnaires et les dépenses courantes payés, il est ainsi impossible de se lancer dans de nouveaux projets faute de moyens et les projets décidés sont en fait reportés dans leur exécution jusqu’à l’approbation du budget de l’année en cours. 

C’est ainsi que, pour 2023, où le budget a finalement été validé en novembre, l’ensemble des décisions prises au cours de l’année n’ont pu voir le jour qu’en décembre… Le collège ayant dépensé et engagé en une seule séance, celle du 20 décembre 2023, plus de 2 millions d’euros!

C’est également ainsi que de nombreuses associations dont les comptes 2022 ont pourtant été validés tôt dans l’année 2023 ont dû attendre le mois de décembre pour voir le solde de leur subside 2022 être libéré. Autrement dit, ces associations ont dû soit emprunter, soit rogner sur leurs dépenses car la commune ne leur payait pas ce qu’elle leur devait. 

Pour mettre fin au suspens, le Bourgmestre Kir annonce que le budget 2024 ne sera pas présenté avant mai 2024… mais que “cela n’empêche pas de mener à bien certains projets”, “la commune est bien gérée” et “ce sont les chiffres qui parlent”. 

Prenons-le donc au mot et écoutons ces chiffres.

Saint-Josse a un budget énorme : 110 millions d’euros (presque 2 fois plus que Schaerbeek par habitant !). Malgré cela, en 11 ans, le Bourgmestre Emir Kir a vidé les économies de la commune : 12 millions d’euros, disparus !

Les comptes sont tout juste à l’équilibre (ric rac). Les montants de la plupart des grands projets de ces dernières années ont été multipliés par 2 ou 3, voire 4 (voir achats communaux ci-dessous) et les durées de réalisation sont insupportablement longues. Un exemple parmi d’autres : la maison des cultures qui a coûté à ce stade 14 millions à la place des 4 annoncés et le bâtiment dont l’ouverture était annoncée pour 2019 n’est toujours pas finalisé !

Nous dénonçons cette situation de gestion désastreuse de la commune dont l’absence de vote du budget fait partie depuis de nombreuses années et continuerons à le faire aussi longtemps que nécessaire. 

2. Dropzones pour trottinettes

Frederic Roekens revient sur la situation des dropzones dont l’absence est flagrante à Saint-Josse et au sujet desquelles il était intervenu en octobre dernier.

Rappelons que la législation bruxelloise impose que les trottinettes et vélos partagés ne puissent plus se garer n’importe où mais uniquement sur des places réservées dites “dropzones” et qu’il appartient aux communes de délimiter ces zones. 

Lors de son interpellation du mois d’octobre, Frederic Roekens avait demandé où en était la commune de Saint-Josse dans la détermination de ces zones, si la commune avait l’intention de faire appel aux subsides régionaux prévus à cet effet et si la commune avait l’intention de suivre l’exemple d’autres communes qui saisissent les trottinettes mal stationnées. 

Le Bourgmestre lui avait répondu qu’il attendait le plan régional de placement des dropzones sur voiries régionales pour déterminer où placer les dropzones sur les voies communales, de manière à assurer la complémentarité et allait solliciter les subsides. Il indiquait également que la commune dressait des PVs de sanctions administratives communales mais ne saisissait pas les trottinettes. 

Les réponses du Bourgmestre à l’interpellation de ce mois de janvier ne varient pas tellement dans le contenu. Il rappelle encore et toujours le plan communal de janvier 2022 sur les vélos, trottinettes, motos et indique qu’une (oui, vous lisez bien, une seule !) dropzone a été matérialisée, que les autres suivront. Quand ? Pas de réponses.
Le Bourgmestre indique que la commune va répondre à l’appel à subsides (vu les réponses d’octobre, on aurait espéré que cela aurait déjà été fait) et que la commune veut “harmoniser avec les autres communes”… (Sachant que la réglementation régionale constitue cette harmonisation, on se demande ce que le Bourgmestre attend en fait !)

Finalement, le Bourgmestre dit regretter ne pas pouvoir faire enlever les trottinettes qui gênent sans attendre un délai de 12 heures et trouve cela scandaleux ! En même temps, jusque là, il ne le faisait pas faire (voir sa réponse d’octobre). Ou comment rejeter sa responsabilité vers d’autres! 

Par ailleurs, le Bourgmestre rappelle qu’il y a des PVs d’infraction… Alors qu’il n’y a pour le moment plus de personnel habilité à le faire. 

En résumé : malgré la communication tonitruante du Bourgmestr Emir Kir : depuis 2022, seule une dropzone a été placée sur le territoire communal ; aucune anticipation sur le plan de placement; aucun subside régional n’a encore été demandé et en termes de PVs pour les infractions, au-delà des intentions, on demande à voir les chiffres. Voilà, voilà…

Le Conseil communal passe en revue les points suivants

1. Fermetures de carrées dans le quartier Nord

A la suite de l’opération de police du 27 septembre 2023 ayant mené à de nombreuses arrestations dans le quartier Nord pour trafic d’êtres humains, le Bourgmestre a pris des arrêtés de fermeture de 10 carrées en vertu de sa compétence exclusive pour une période de 6 mois qui est le maximum légal. Le Conseil est, comme prévu par la loi, informé.

Nous constatons pour la deuxième fois que le Bourgmestre a changé de discours par rapport à la prostitution. Il semblerait que le Bourgmestre ait compris – feint de comprendre ? – que lutter contre la prostitution est inutile etqu’il est plus opportun de veiller à une cohabitation harmonieuse entre habitant.e.s et prostitution. 

En tout état de cause, le Bourgmestre souligne qu’il souhaite voir le quartier revenir à la situation historique de cohabitation. Il indique aussi que ces fermetures ne sont qu’un premier train de mesures, 24 carrées ayant été visées par les rapports de police. 

Le Conseil prend acte.

2. Comptes 2022 de l’académie de Saint-Josse-Schaerbeek

Les comptes 2022 de l’académie sont vérifiés pour octroi du solde du subside 2022. L’académie termine l’année sur une légère perte, s’expliquant par l’indexation importante des salaires que l’académie couvre en 2022.

Le Conseil prend acte.

3. Écoles – Reconduction du projet Schola

Comme chaque année, le projet Schola mené par l’ULB et qui permet aux élèves de primaire de bénéficier d’un soutien scolaire prodigué par des étudiant.e.s est reconduit. Une très bonne chose.

4. Achats communaux

Plusieurs achats communaux ont retenu notre attention : 

  • un nouveau système de vidéosurveillance pour le Lycée Guy Cudell pour un montant de 65.000 EUR. Nous nous sommes insurgés contre un tel projet – caché dans le dossier des achats communaux – qui privilégie la surveillance à l’éducation – avec ces mêmes 65.000 euros, il était possible de payer un.e éducateur.rice à temps plein pendant un an. Par ailleurs, ce projet révèle  une absence de concertation avec le Lycée (direction, professeurs, éducateurs, syndicats, étudiant.e.s). Lire à ce sujet notre communiqué de presse. Après plusieurs articles dans la presse, le projet a été retiré ce vendredi 2 février. Nous nous félicitons de cette issue qui démontre l’utilité d’assurer un suivi constant des travaux du collège et démontre le bienfait du contrôle démocratique par le conseil communal. Nous soulignons cependant le discours contradictoire du Bourgmestre qui affirme dans la presse ne pas être informé du but du placement des caméras … alors qu’il a pourtant voté leur achat ! 
  • un triplement de budget pour la mise en peinture du parking Scailquin : on passe ainsi de 170.000 euros de peinture à 470.000 euros. Un tel dépassement de budget nous semble incompréhensible dans la mesure où faire un budget de mise en peinture consiste à mesurer des mètres carrés ! Nous sommes estomaqués par de tels gaspillages d’argent public !
  • un doublement de budget pour la ventilation du parking Scailquin passant de 105.000 à 200.000 euros. A nouveau, la gestion de ce dossier est incompréhensible

De manière générale, la gestion des achats publics sous le Bourgmestre Kir est déplorable. Il n’y a que de rares dossiers où l’on ne constate pas de mois en mois des dépassements substantiels du budget prévu. Les montants de la plupart des grands projets de ces dernières années ont été multipliés par 2 ou 3, voire 4 (piscine, maison des cultures, parking Scailquin, rénovation de la maison communale et de son antenne, stade Georges Pêtre)… Les “petits projets” ne sont pas en reste également puisqu’on y constate de manière assez constante des dépassements de budget, certes moins effrayants mais qui, mis bout à bout, ont de quoi donner le tournis ! Bonne gestion, vous avez dit ?